FOCUS AGRICULTEUR

Petites confidences de Gérard GAYET, éleveur à St Laurent de Chamousset et gérant de Bio A Pro

 

BIO A Pro : Gérard, peux-tu te présenter ?

 

Gérard : Je suis éleveur bio à St Laurent de Chamousset dans les Monts du Lyonnais depuis 1986. J’élève aujourd’hui 30 vaches allaitantes et 25 chevaux avec une surface agricole de 60ha.

 

Bio A Pro : As-tu toujours été en agriculture biologique ?

 

Gérard : Non, ça fait 16 ans que je suis en bio, mais j’ai démarré ma ferme en système très intensif : monoculture de maïs, rays gras italien avec un système de vaches laitières alimentées en 100% ensilage… J’étais donc très loin de la bio !

 

Bio A Pro : D’accord ! Tu as donc dû mettre du temps pour passer en agriculture biologique !

 

Gérard : Et bien non ! A partir du moment où j’ai décidé d’orienter ma ferme vers un système plus respectueux de l’environnement et de la santé humaine, j’étais déterminé à 200% : j’ai donc, du jour au lendemain, passer ma ferme en bio. Les années qui ont suivi ma conversion en bio ont donc été techniquement et financièrement difficiles ! Il fallait être ultra motivé car la transition a été longue et coûteuse : mes anciennes techniques très intensives avaient beaucoup fragilisé les sols et affaibli les animaux…

Du côté de chez nous...

Chez nous, il y a des agriculteurs riches de mille expériences, qui souhaitent véhiculer des valeurs au travers de leurs produits. Chez nous, il y a des salariés dynamiques qui se dépensent sans compter pour valoriser au mieux les produits des agriculteurs auprès de la restauration collective. Et si on allait à leur rencontre ?

Bio A Pro : A partir de quel moment as-tu réfléchi aux débouchés de la restauration collective ?

 

Gérard : Quand j’ai fait le choix de produire selon le cahier des charges de l’agriculture biologique, j’ai eu la démarche de réfléchir à mettre en place des circuits de commercialisation les plus courts possibles, j’avais le souci de faire voyager au minimum mes produits. Pour le lait, je le valorisais auprès d’une laiterie du secteur et j’ai également mis en place le 1er distributeur de lait automatique de la région. Concernant la viande, avec l’ARDAB, nous avons mis en place une filière locale de steaks hachés. Cette démarche collective avait (et a encore !) pour but d’être au plus près du consommateur et trouver une valorisation des vaches en bio. Et au milieu de tout ça, dans les années 2006/2007, la demande en restauration collective a commencé à se faire pressante : j’étais à l’époque très investi dans le développement des filières bio départementales. J’ai donc suivi de près ce nouveau marché !

 

Bio A Pro : Qu’est-ce que tu as trouvé intéressant dans ce marché ?

 

Gérard : Notre volonté, en tant qu’agriculteurs bio face à ce nouveau marché, a été de se l’approprier et de ne pas reproduire ce qui se faisait dans le monde de l’agriculture conventionnel. On a voulu que ce marché reste dans les mains des agriculteurs bio locaux. La création d’une structure collective est devenue une évidence pour moi, mais aussi pour de nombreux autres agriculteurs bio du secteur et également pour l’ARDAB (Association de Développement de l’Agriculture Biologique). C’était pour nous une fierté d’imaginer qu’on puisse produire et alimenter localement les enfants de nos territoires : être acteurs de cette démarche-là ! C’était comme la conversion en bio, quand tu es convaincu de l’intérêt de quelque chose, tu mets tout en œuvre pour y arriver ! Même si l’idée de créer une coopérative d’agriculteurs bio pour la restauration collective pouvait sembler très farfelue à l’époque, le projet a pu se réaliser grâce à une poignée de producteurs convaincus et très impliqués dans la création de BAP

 

Bio A Pro : As-tu participé dès le départ à l’approvisionnement de Bio A Pro, la coopérative que vous avez donc créé ?

 

Gérard : La coopérative a été créée en 2010 avec un statut de SCIC (Société Coopérative d’Intérêt Collectif) grâce à un fort investissement en temps et en énergie de l’ARDAB et grâce à l’aide financière du Conseil Général du Rhône et de la Région Rhône-Alpes . Je me suis donc investi dans la création et le pilotage de cet outil, mais ce n’était pas un débouché au départ pour moi. C’est en 2013 que j’ai commencé à livrer des steaks hachés car une demande importante est née avec l’émergence de nouveaux clients pour Bio A Pro : les restaurants d’entreprise.

 

Bio A Pro : Peux-tu nous expliquer comment se passe l’approvisionnement en steaks hachés au départ de ta ferme jusqu’aux convives des restaurants collectifs ?

 

Gérard : Les bêtes sont élevées sur ma ferme à St Laurent de Chamousset. Puis elles sont abattues à moins de 20km de chez moi dans un abattoir certifié bio. Les carcasses sont ensuite découpées dans un atelier de transformation également certifié bio, à 40km. L’équipe de Bio A Pro me transmet ensuite les commandes et je me charge de la livraison grâce à un équipement en froid négatif sur ma ferme et dans mon véhicule. La commercialisation via Bio A Pro est très intéressante pour les producteurs car cela permet de passer des volumes conséquents tout en permettant aux établissements d’être continuellement livrés car si je n’ai plus de stock, d’autres éleveurs prendront le relai. C’est aussi sécurisant de savoir qu’on n’a pas à craindre les impayés.

 

Bio A Pro : Tu participes à de nombreuses animations dans les restaurants. Qu’apportent à tes yeux ces actions de communication auprès des convives ?

 

Gérard : Je suis toujours partant pour faire des animations. Elles sont organisées par Corabio et FL Conseil. Moi je suis là pour parler de mon produit, de ma ferme et je trouve ça très important car beaucoup de gens manquent d’informations sur la certification bio, sur les méthodes d’élevage,… Les animations permettent de crédibiliser l’action du restaurant et également de sensibiliser indirectement les foyers des convives. Je parle également de notre démarche collective au travers de Bio A Pro.

 

Bio A Pro : Que mets-tu en avant quand tu parles de Bio A Pro ?

 

Gérard : Entre autre, de la transparence des prix. C’est vrai qu’il faut trouver une rentabilité pour faire tourner l’outil, mais nous n’avons pas la volonté de réaliser une marge excessive. La marge est calculée au plus juste pour satisfaire le producteur et le consommateur et permettre à l’outil de fonctionner, c’est une forme de commerce équitable.

Bio A Pro : En tant que gérant et membre du comité de pilotage de Bio A Pro, qu’est-ce que ça génère de s’engager dans le suivi de Bio A Pro ?

Gérard : La gestion de Bio A Pro repose sur le bénévolat pour tous les producteurs du comité de pilotage, ça demande donc du temps et de l’énergie ! On a également la responsabilité de pérenniser la structure et donc les postes de l’équipe salariée. En parallèle, nous conduisons un travail de dialogues constants avec les producteurs car notre souci premier est de toujours faire évoluer Bio A Pro pour qu’ils correspondent à leurs attentes et à celle des clients.

 

Bio A Pro : Tu as beaucoup d’énergie car tu ne t’investis pas que dans Bio A Pro. Peux-tu nous expliquer en deux mots tes autres activités sur ta ferme ?

 

Gérard : Oui. Au début de la création de Bio A Pro, nous avions réfléchi à livrer les consommateurs car nous nous étions rendu compte que beaucoup d’entre eux ne trouvaient des produits bio qu’au sein de la grande distribution, mais les commandes groupées de particuliers n’ont pas fonctionné car c’était une gestion trop lourde pour eux. J’ai donc eu la volonté d’offrir aux consommateurs des produits 100% bio et locaux en circuits courts. J’ai donc créé en 2012 une boutique en ligne, BLAD (Bio et Local A Domicile - http://www.gayet-blad.fr/). Je propose de la viande de ma ferme et également toutes les autres familles de produits via un réseau de voisins agriculteurs bio dans la même démarche que moi. Je livre à domicile sur tout le département du Rhône, une fois par semaine. Ce n’est pas un système d’abonnement, les gens peuvent commander toutes les semaines ou une fois par an ! La seule obligation est d’atteindre 50€ par livraison.

 

Bio A Pro : Il me semble que tu as encore une corde à ton arc ?

 

Gérard : J’ai un élevage de chevaux de race Quatter Horse et je réalise de nombreux évènements (stages, concours, spectacles,…) autour de l’équitation western.

 

Bio A Pro : Nous de doutons pas qu’il te reste encore de nombreuses cordes à ton arc, mais nous nous arrêterons là pour l’interview ! Un grand merci pour ton témoignage !

BIO A PRO

32 rue des Ronzières

69530 BRIGNAIS

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Webmastering : MULCH Conseil Séverine Rabany

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